Opération médaille
On l’imaginerait partout, sauf dans un camion de déménagement, celui-là. Oui, oui, c’est bien Stéphane Faure que vous voyez là ! Nous sommes le 13 mars 1985 à Paris. L’ »Opération commando pour le Mondial » est lancée. L’année suivante, la France accueille les Championnats du monde de volley-ball et il est hors de question de ne pas honorer le cinquantième anniversaire de la Fédération. Pour se préparer à se hisser sur le toit du monde, rien n’est laissé au hasard. Les joueurs abandonnent tout. Avec désormais dix-huit mois de préparation, les Bleus n’ont pas le droit à l’erreur à domicile. Pour espérer décrocher la médaille d’or, il faut faire des sacrifices et ils vont en faire beaucoup. Le boulot, la famille, leurs clubs ainsi que le Championnat de France 1985-1986 ? Aux oubliettes. Ça ne rigole pas à la Fédération française de volley-ball, on se croirait presque à l’armée. Mais cela ne répond pas à la question : que fait donc Stéphane Faure dans un camion de déménagement ? La réponse est toute simple. Pour préparer tous ces joueurs, il faut bien qu’ils soient tous au même endroit. Alors, direction Montpellier. Voilà pourquoi le central des Bleus prend la pose dans un camion, assis sur un fauteuil, s’accrochant à son vélo et à ses ballons. Oui, mais où vont-ils habiter à Montpellier ? Au centre d’entraînement ? Non, chacun dans son appartement, c’est mieux, on va quand même pas les loger pendant un an et demi dans des dortoirs, non plus. C’est aussi peut-être pour cela que le camion de Stéphane Faure est autant chargé. En même temps, partir un an et demi vivre à l’autre bout de la France demande d’emporter quelques bagages. Au régime de huit heures de volley par jour jusqu’au 28 septembre 1986, les Bleus pensaient vraiment avoir fait les efforts nécessaires pour gagner ce Mondial. Même si tout ce qui avait été mis en place était prometteur, l’équipe de France repartira du tournoi avec une sixième place. De quoi faire regretter à certains d’avoir tout quitté.


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