Article sur un moment marquant dans mon stage au sein du « Magazine L’Équipe » ayant impacté ma vision journalistique

Vous trouverez ci-dessous l’article que j’ai écrit sur un moment qui m’a marqué dans mon stage au sein du « Magazine de L’Équipe ». Ce moment a particulièrement impacté la vision que j’ai du métier de journaliste. 

Tout a changé

Le rendez-vous était fixé le 11 mars à 10:00 à la salle de jiu-jitsu de la MK Team dans le 20ème arrondissement de Paris. En arrivant, j’aperçois le photographe de l’Équipe qui m’accompagne sur cette matinée sportive. Je rentre dans le dojo, je l’aperçois mais n’ose pas le déranger. Assis sur le banc, en train de soigner sa cheville, Valentin Houinato, porte-drapeau du Bénin aux JO 2024 et judoka, relève la tête et me voit. Grand sourire aux lèvres, il nous salue. Le temps de terminer son strap autour de sa cheville, il nous invite à nous mettre à l’aise. Il instaure tout de suite un ton décontracté dans nos échanges.

 

L’importance du moment présent

 

Après l’avoir regardé s’entraîner pendant une heure et demie et accompagné le photographe pour la séance photos qui accompagnera mon article dans la rubrique « Médias » du Magazine L’Équipe, c’est à mon tour d’entrer en scène. Toujours très décontracté il m’invite à m’asseoir sur le tatami, pour être plus au calme pour réaliser l’interview. À peine dérangé par les autres occupants qui s’affairent à nettoyer le dojo à l’aspirateur et la shampouineuse, je commence à lui poser mes questions.

 

L’échange est tellement fluide que je ne regarde plus mon carnet. Je rebondis sur les réponses qu’il me donne. Cette interview m’a marqué car je me suis rendue compte que c’était avant tout une discussion et non pas un simple question réponse. Je me suis aussi rendue compte qu’il fallait que j’appréhende l’exercice du terrain d’une manière différente. Je suis arrivée avec la boule au ventre dans la salle d’entraînement et je me disais que les questions que j’allais poser étaient sans intérêt. Mais, comme le judoka était très détendu, il m’a mise à l’aise et j’ai réussi à prendre confiance en moi grâce à la simplicité de notre échange. Ce moment a changé ma vision du journalisme car cela m’a ouvert les yeux sur le fait que les échanges étaient le cœur de ce métier. Il ne faut pas appréhender, il faut se faire confiance. À partir de maintenant c’est comme ça que je préparerais mes entretiens.

 

L’importance de l’écoute active

 

Si je devais retenir une seule leçon de cet entretien, ce serait celle-ci : l’écoute est plus importante que la question elle-même. J’ai compris que mes interrogations initiales n’étaient qu’un point de départ. Valentin m’offrait des pistes que je n’avais pas anticipées avec ses réponses. Il fallait donc s’adapter en temps réel. Ce moment m’a fait réaliser que le journalisme n’est pas seulement une affaire de préparation, mais aussi de réactivité. Être à l’écoute, c’est savoir s’effacer pour laisser la parole à l’autre.

 

Chaque réponse de Valentin était pesée, comme s’il était conscient de l’impact de son discours. En tant que journaliste, cette approche m’a fait réfléchir à ma propre responsabilité. Comment transmettre fidèlement un message sans le déformer ? Comment respecter la pensée d’un interlocuteur tout en la rendant accessible au lecteur ? Cet entretien m’a rappelé que les mots ne sont pas anodins et qu’ils peuvent façonner une perception ou inspirer.