Interview avec Antoine Lepesqueux : Un Retour Triomphal à la Compétition

Antoine Lepesqueux : Un Retour Triomphal à la Compétition

Cela fait dix ans qu’Antoine Lepesqueux avait rangé son casque et ses gants de pilote, après une carrière prometteuse dans les monoplaces et les courses d’endurance. Mais cette année, le pilote français a décidé de faire son grand retour sur les circuits, en participant aux European Le Mans Series (ELMS). Et le moins que l’on puisse dire, c’est que son comeback n’est pas passé inaperçu : il a terminé vice-champion d’Europe dans la catégorie Ligiers avec son écurie Les Deux Arbres dans une catégorie ultra-compétitive. Nous l’avons rencontré pour discuter  de ce retour inattendu et de ses ambitions pour l’avenir.

Antoine, tout d’abord, félicitations pour ta performance cette saison en ELMS ! Comment tu te sens après un tel retour en compétition ?

Merci beaucoup ! C’est une sensation incroyable. Franchement, je n’avais jamais imaginé que je reviendrais en compétition après une telle pause, mais la motivation est revenue progressivement. Je me sens bien dans ma peau et, après cette saison, je peux dire que ça valait vraiment le coup de prendre ce risque. Vice-champion d’Europe, c’est au-delà de mes attentes. Je suis vraiment fier de ce que nous avons accompli avec l’équipe, et je suis particulièrement heureux d’avoir retrouvé l’adrénaline et la passion de la course.

C’est un grand retour ! Mais après une pause de 10 ans, pourquoi avoir décidé de reprendre la compétition en 2025, et pourquoi en ELMS ?

C’est une question qui revient souvent, et la réponse n’est pas simple. Pendant ces dix ans, j’ai eu une vie plus calme, loin des circuits, et j’ai consacré beaucoup de temps à d’autres projets personnels. Mais la passion n’est jamais vraiment partie. J’ai toujours suivi les courses de près, et je me suis rendu compte qu’il me manquait quelque chose. C’était comme une flamme qui ne s’éteignait jamais complètement. Quand l’opportunité de revenir en ELMS s’est présentée, je n’ai pas pu dire non. Ce championnat représente vraiment un bel équilibre entre la compétition intense et l’esprit d’équipe, et ça m’a attiré. Puis, le fait de revenir dans l’endurance, un milieu que j’ai toujours apprécié, m’a motivé encore plus.

Après une décennie sans compétition, as-tu ressenti une différence importante sur la piste ? Est-ce que le corps ou l’esprit a mis plus de temps à se réadapter ?

Oui, le corps a mis un peu de temps à se réhabituer. L’endurance, ce n’est pas seulement la conduite ; il y a toute une préparation physique et mentale qui est essentielle. J’ai retrouvé la sensation de vitesse, l’intensité des courses, mais il m’a fallu quelques mois pour retrouver mon niveau. Il y a aussi une certaine pression, même si elle est différente de ce que j’ai vécu à mes débuts. Je ne suis plus un jeune pilote, et il y a une certaine sagesse qui vient avec l’âge. C’est plus une question de gestion de la course, de ne pas trop s’emballer, de prendre les bonnes décisions au bon moment. C’est aussi ce qui rend le retour intéressant, c’est que j’ai appris à être plus réfléchi, tout en conservant cette envie de gagner.

L’ELMS est un championnat extrêmement compétitif. Quelle a été ta stratégie cette saison pour obtenir ce podium ?

C’est un championnat avec des équipes très fortes, des pilotes de grande qualité, et des voitures très performantes, donc il faut être prêt à tout. Notre stratégie a été de travailler très étroitement avec l’équipe, d’optimiser chaque relais, chaque pit-stop, et de s’assurer de la cohésion avec mes coéquipiers. C’était aussi essentiel de bien gérer les stratégies de pneus et de carburant, car l’endurance demande de savoir quand attaquer et quand se préserver. Mais au-delà de la stratégie, il y a un facteur important : la confiance. L’équipe, le management, les ingénieurs… tout doit fonctionner en harmonie pour obtenir des résultats. Et cette confiance se construit au fil de la saison.

Quelle a été ta plus grande difficulté cette année ?

La plus grande difficulté a été de retrouver une vraie forme physique de compétition après tout ce temps. Ce n’est pas simplement le pilotage, c’est la résistance aux forces G, la gestion de la fatigue, l’intensité des relais. C’est un sport exigeant, et il faut absolument être prêt physiquement pour tenir jusqu’au bout. J’ai passé beaucoup de temps à m’entraîner, que ce soit sur la piste ou à la salle de sport. Ensuite, le plus difficile, c’est de revenir à ce niveau de performance et d’être confronté à des jeunes pilotes qui ont évolué dans un environnement très professionnel. Il y a un fossé générationnel, mais c’est aussi ce qui me motive à donner le meilleur de moi-même.

Tu as passé dix ans loin des circuits, mais as-tu eu l’occasion de suivre l’évolution de la F1 et des sports mécaniques pendant cette période ? Qu’en penses-tu ?

Oui, bien sûr, j’ai suivi de près l’évolution de la F1, de l’ELMS et des autres séries. Le monde de la compétition a vraiment changé, notamment avec l’évolution des technologies, des performances des voitures, et même la gestion de la stratégie de course. C’est fascinant de voir à quel point le sport devient plus technique et plus pointu. En même temps, je pense que les valeurs de l’endurance sont restées les mêmes : l’esprit d’équipe, la gestion de la course et la persévérance. Cela dit, l’aspect environnemental et la question du développement durable sont des enjeux importants dans le sport aujourd’hui. Voir des initiatives comme l’augmentation des biocarburants ou l’évolution des hybrides dans la compétition est très intéressant.

Pour finir, Antoine, quel est ton objectif pour l’avenir ? Est-ce que la F1 pourrait encore être une possibilité, ou l’ELMS est ton nouveau terrain de jeu ?

La F1, c’est quelque chose que j’ai toujours respecté, mais à ce stade de ma carrière, je pense que mon terrain de jeu idéal, c’est l’endurance. Je suis très bien dans cet environnement. L’ELMS et les 24 Heures du Mans représentent des défis énormes, et mon objectif, à court terme, c’est de continuer à progresser avec mon équipe et d’aller chercher la victoire. Bien sûr, je veux continuer à me battre pour le titre en ELMS, et pourquoi pas décrocher une victoire aux 24 Heures du Mans. Chaque course est un nouveau défi, et je suis prêt à le relever.

Merci beaucoup Antoine pour cet entretien, et félicitations encore pour ta saison exceptionnelle. On te souhaite plein de succès pour la suite !

 

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